vendredi 3 avril 2015

Autre (moins) vieille chanson

La Servante Du Château

de et par Ricet Barrier

Non, ce n'est pas l'auteur.
L'auteur le voici
C'est moi la servante du château
J'remplis les vases et j'vide les siaux
J'manie l'balai et pis l'torchon
J'fais la pâtée pour les cochons
Et pis la soupe pour les patrons
J'ai pas deux pieds dans l'même sabot
J'ai d'la vaillance plus qu'i n'en faut
Ici qui c'est qui fait l'boulot... c'est mwè...

La baronne c'est une mijaurée
Qu'est pas capable de surveiller
C'est moi qui dirige la maison
J'compte les bouteilles et les chapons
Et pis les liquettes du baron
Faut avoir comme dit Monsieur l'Maire,
Un oeil au bal, l'autre au cimetière
Qui c'est qui sue même en hiver... c'est mwè...

Faudrait pas croire qu'j'soye un laideron*
Les gars me courent au cotillon
Si n'gardent point leurs mains dans leurs poches
Moi j'te leur refile une taloche
Même le baron quand il s'approche
Je le chasse à grands coups d'plumeau
J'ai d'la vertue plus qui n'en faut
Qui s'ra la rosière du hameau... c'est mwè...

Quand Mademoiselle dans l'potager
Fait la causette à son fiancé
Aussitôt je quitte mon torchon
Pour surveiller un peu c'qui font
Je sais qu'il a de bonnes façons
Mais comme disait Monsieur not' curé
"Chauffe un marron ça l'fait péter"
Qui c'est qu'a d'la moralité... c'est mwè...

Aux noces j'ai dit à mademoiselle
"Fleur d'oranger craint pas la grèle"
L'évêque est v'nu bénir la fête
Mais comme l'bedeau était pompette
C'est moi qui a porté les burettes
L'soir quand les époux s'sont retirés
J'avais d'la peine à les quitter
Qui c'est t-y qui les a bordés... c'est mwè...

L'gars Nicolas le riche meunier
Pour m'consoler m'a fait trinquer
On a dansé sous les lampions
Le v'là qui tripote mon jupon
Pour voir si c'est pas du coton
Moi je l'laisse faire, j'pense au moulin
C'est quand i gèle qu'on cueille les coings
Qui qu'aura l'homme, qui qu'aura l'grain... c'est mwè...

J'serai pas rosière mais j'serai patronne
Et je me mettrai z'un chapeau
Pour faire visite à la baronne
Changement d'herbage réjouit les veaux
Qui s'ra l'invitée du chateau... c'est mwè...

à écouter à l'adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=YxQ3YIN6shU
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* Voir la photo : rien ne vaut le libre examen, n'est-ce pas ?

Slogan

Ce n'est pas un mot anglais mais - horresco referens* - gaélique-écossais.
Qui signifie "cri de ralliement", et plus précisément "armée + cri" ; à l'origine ça donne "« sluagh-ghairm » que certains traduisent par "cri de ralliement", qui est le cri de guerre d'un clan écossais. En clair sluargh = armée; ghairm = cri.

En français

balèze, non ?
balèze aussi, mais autrement !


En anglais

 et ça ?



 Et ça, c'est balèze aussi ?

Qu'on ne vienne pas nous dire après ça que la publicité n'a aucun effet !


En chinois

Il y avait aussi "les cent fleurs" (百花運動) de 1957, "le grand bond en avant" (进) de 1958 à 1960. Bilan : des millions de morts !
D'autres encore du même tonneau : les "trois anti", les "cinq anti", "aider la Corée, résister à l 'Amérique", "récits d'amertume", "réforme de la pensée"...

Avouez que le chinois et l'anglais sont aussi lapidaires que le français est verbeux. A cet égard la traduction est impitoyable pour notre langue.


Rien à voir avec la guerre sinon celles du commerce et de la politique, bref la guerre des mots, qui parfois fait bien plus de mal que l'autre, et pendant bien plus de temps.

Certains ajoutent devise, apophtegme, formule, expression et publicité ; à tort sauf à la rigueur pour devise. Car, je vous le demande, qu'y a-t-il de commun entre cri de guerre et apophtegme des Pères du désert ?

(D'accord, c'est un peu facile, mais c'est vendredi saint, après tout !)
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* "je frémis à le raconter" (Enéide, II, 204), ndt.

Le passage entier est le suivant:
Ecce autem gemini a Tenedo tranquilla per alta

horresco referens – immensis orbibus angues

incumbunt pelago, pariterque ad litora tendunt

ce qui, traduit en nos langues, donne ceci:

Or voici que de Ténédos, sur des flots paisibles,
deux serpents aux orbes immenses, – ce récit me fait frémir –, 
glissent sur la mer et, côte à côte, gagnent le rivage.

à laquelle je vous renvoie si vous voulez savoir ce qui cause le tourment du narrateur, et qui est le narrateur et à qui il raconte l'histoire qui le fait frémir.

vieille chanson



ça, c'est le sculpteur ; il s'appelle Auguste Dumont; l'auteur du dessin n'est autre que Auguste-Hyacinthe Debay (inconnu mais comme bien d'autres, injustement).
La chanson a été écrite en 1836 ; la sculpture faite à la même époque. Elle se trouve au sommet de la colonne de juillet sur la place de la Bastille.

La commande de la colonne vient du roi Louis-Philippe qui tient à commémorer les victimes des "trois glorieuses" journées de 1830 qui ont fait fuir Charles X. A la base se trouvent les caveaux où ont été placés les restes les victimes de ces trois journées (504 morts) puis par la suite celles de 1848 (200 morts).
La statue représente la liberté sous des traits masculins, histoire de ne pas confondre avec celle de 1789 (voir "La liberté guidant le peuple"). On le comprend.



Et la chanson alors ?
Si beaucoup de gens l'ont chantée, personne ne semble en connaître l'origine. Une personne l'a entendue de la bouche de son grand-père né en 1869. L'auteur .

LE GENIE DE LA BASTILLE

Sur la place de la Bastille
Au milieu de l’immensité
Y a un p’tit bonhomme qui brille
C’est l’génie d’la liberté
On dit parfois qu’il s’embête
Qu’il voudrait bien s’en aller
Ou bien piquer une tête
Mais il ne peut pas bouger

Et tout ça, parce que
Il peut pas, il peut pas
Lâcher la colonne
Il peut pas, il peut pas
Sauter jusqu‘en bas

Par les jours de canicule
Quand nous voyons qu’il fait chaud
Là-haut le soleil brûle
Sans qu’il puisse dire un seul mot
Il n’a pas de chapeau d’paille
Pour se préserver un peu
Il rôtit comme une volaille
Sous l’éclat du ciel en feu

Et tout ça, parce que
Il peut pas, il peut pas
Lâcher la colonne
Il peut pas, il peut pas
Sauter jusqu‘en bas

Le dimanche il voit la foule
Qui vient respirer l’grand air
Là-haut perché sur sa boule
Il voit passer les ch’mins d’fer
Tous les employés d’la gare
Se soucient bien peu de lui
Depuis l’temps qu’il leur fait signe
Le train part toujours sans lui

Et tout ça, parce que
Il peut pas, il peut pas
Lâcher la colonne
Il peut pas, il peut pas
Sauter jusqu‘en bas

Pour l'air il vous faudra demander aux anciens de vous la chanter car il n'y en a pas trace sur le net.

fm Marie-Claude, with love

Ceci me semblait mériter d'être fixé pour la postérité
Voor taalliefhebbers
Taaleigenheden Nederlands / Frans.

  • Feit is dat wij iets uit het hoofd leren, terwijl Franstaligen l’apprennent par coeur.
  • Hoe oud bent u? Nederlandstaligen zijn 25 jaar, Franstaligen ont 25 ans.
  • Franstaligen maken van oud brood pain perdu, maar Vlamingen spreken van gewonnen brood.

  • Wie een beetje in het ootje wordt genomen, gaat groen lachen. Franstaligen zien het anders: rire jaune.
  • Een onervaren iemand is een groentje, voor de Franstaligen echter un bleu.
  • Een blauw oog daarentegen is un oeil au beurre noir!
  • Bij zoveel kleurnuances is het geen wonder dat Van Gogh erop uittrok met een schildersezel, terwijl Gaugain gebruik maakte van un chevalet de peintre.
  • Van dieren gesproken: er is iets merkwaardigs aan de hand met de kat. De kat, zij, le chat, hij. Avoir un chat dans la gorge is een kikker in de keel hebben.


  • Slapende honden wakker maken vertaal je als éveiller le chat qui dort.
  • De Nederlandstalige geeft de pijp aan Maarten*. De Franstalige daarentegen donne sa langue au chat.
  • Wie graag een appeltje voor de dorst heeft, moet in Wallonië garder une poire pour la soif.
  • (Voor één keer mag je appels met peren vergelijken. Maar niet met citroenen natuurlijk.)
  • In een restaurant krijg je wel eens een gepeperde rekening. Franstaligen vinden une note salée al erg genoeg.

 * "De pijp aan Maarten geven" n'a pas la même signification que "donner sa langue au chat". L'équivalent en français en est "casser sa pipe" (ou aussi "passer l'arme à gauche"), expression utilisée par les chirurgiens militaires de l'armée napoléonienne (et sans doute bien d'autres) qui, après avoir soûlé le blessé, lui mettaient une pipe en terre en bouche avant de l'amputer en l'invitant à serrer les dents (pour l'empêcher de crier mais ça, on ne le disait pas), expression qui nous est restée ; si le blessé expirait, il laissait tomber la pipe qui se brisait.

Mauvais point donc pour l'auteur de l 'article ! J'espère que ce n'est pas celui du Standaard.




L'origine de "Passer l'arme à gauche" remonterait au Moyen-Age, époque pendant laquelle lors d'un mariage, les armes des époux étaient réunies sur un même blason, celles de l'époux à droite et celles de l'épouse à gauche; lorsque l'époux venait à décéder, ses armes passaient à gauche. Il en existe d'autres explications mais celle-ci me paraît plausible et élégante, et les autres un peu - presque comme le baron de Münchhausen - tirées par les cheveux.
De toute façon,
Se non è vero è bene trovato.

La foule me suggère l'équivalence suivante, à laquelle n'avait pas pensé l'auteur:
"Zijn kat sturen" est rendu en français par "poser un lapin".

mercredi 1 avril 2015

Joachim Ronsin (JR pour les copains ?)

JR c'est lui !

C'est lui qui a créé le slogan "Je suis Charlie" peu après les attentats de la septimana horribilis qu'a vécue la France (ça vient de la Revue Nouvelle qui avait entendu parler de l'annus horribilis vécue par la famille royale anglaise).
Son boulot : directeur artistique et journaliste au magazine Stylist.

Il paraît que horrifié par les dérives commerciales dont a souffert son slogan il a voulu y mettre fin, en le faisant enregistrer par l'INPI* et protéger par des droits d'auteur. Mais c'est assez mal parti, dixit le Figaro.

C'est vrai qu'il a du souci à se faire.




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* Institut national pour la propriété industrielle.